Le chant est un art martial

mars 29th, 2009

Ma façon d’aborder le développement de la voix ne correspond à aucune école, n’est issue d’aucune technique orthodoxe ni d’un amalgame de méthodes éthérodoxes; elle est le fruit d’un long cheminement personnel, reflet de mon chemin de vie.

J’ai eu des professeurs, éminents dans leur domaine (bel canto, jazz, chant harmonique…), pédagogues compétents, qui plus est bien intentionnés à mon égard. Néanmoins, les premières années de mon apprentissage ont été marquées par la souffrance et la frustration. J’ai donc dû renoncer au soutien de mes mentors et me frayer un chemin, seul. Finalement, j’ai pu tirer profit de leurs enseignements, mais seulement après avoir ouvert ma propre voie dans la forêt inextricable de mes appréhensions, incompréhensions, doutes et inhibitions. Pour ce faire, j’ai mis à profit, dans un premier temps, mes connaissances en physique et en mathématiques, ma pratique et ma compréhension de  différentes formes de synthèse sonore, ma patience, ma sensibilité et mes oreilles. Dans un second temps, j’ai entrepris la pratique du Qi Gong et de différents arts martiaux tels que la Grue Blanche et le Bagua. Ces pratiques énergétiques, plus particulièrement le Qi Gong Sibérien et le Bagua avec Victor et Marina Zalojnov, sont venues affiner, approfondir et réaffirmer ce que j’avais pressenti lors de mon apprentissage personnel. Plus récemment, j’ai entrepris un travail très enrichissant avec Akhmatova Samuel du Roy Heart Theatre. Pour finir, j’ai reçu l’enseignement personnel de Blanche Salant de « l’Atelier International de Théâtre », un travail sur la compréhension du texte, destiné à développer la sensibilité et la justesse lors de son expression.

La chant est un art martial

Que veut dire cette phrase cryptique? Allez vous distraire votre adversaire en poussant la chansonnette tandis que vous dégainez votre sabre? Signifie t’elle que je me propose de vous apprendre à éclater la rate de vos ennemis en poussant un cri, comme le faisaient jadis les terribles guerriers de l’Inde?

Peut-être…

Mais dans un premier temps, je me propose surtout de vous faire sentir comment le développement du chanteur est assimilable à celui de l’expert en arts martiaux, sous bien des rapports.

Le déploiement de la voix dans l’espace

février 25th, 2009

Il fut un temps ou la métaphysique, la philosophie, les mathématiques et les arts n’étaient pas considérés comme des disciplines séparées, mais simplement comme les branches maîtresses de l’arbre de la connaissance, comme différentes manifestations de notre don de création (Poesis). Platon par exemple, s’intéressait aux principes physiques qui régissent la production des sons, à la géométrie comme science, mais également aux conséquences métaphysiques de sa perception de l’harmonie.

La musique était alors considérée comme un art majeur car les relations mathématiques qui régissent la production des sons musicaux (en particulier leur fréquence), bien connues à cette époque grâce aux propriétés des instruments à cordes pincées, sont à la racine de cette vision mathématique/harmonique du monde. Il faut savoir que cette dernière a été formulée bien avant Platon ; en 3000 Ante Christum, les Sumériens avait élaboré un panthéon mathématique, dans lequel chaque dieu se voyait attribuer un ratio (fraction), expression d’une relation musicale. Leurs mathématiques en base 60 permettaient d’exprimer de façon élégante ces ratios, issus de leurs connaissances étendues de la physique du son, appliquée à la musique. Voire article Ernest G. McClain, Musical theory and ancient cosmology. Lorsque vint la Renaissance, Brunelleschi, voulant élever l’architecture au niveau des beaux arts, en faisant ainsi l’égal de la musique, s’inspira des ratios harmoniques de celle-ci pour les appliquer aux proportions des bâtiments qu’il allait construire. Cette idée inspirée, mettait en lumière ce qui se pratiquait déjà dans la construction des lieux de culte, destinés à soutenir le déploiement de la voix.

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